La nano-retraite de Nicolas Langelier

Prendre un pause pour cultiver la qualité de sa présence 

Une semaine, un mois, ça semblait trop long. Les agendas étaient déjà surchargés, les contraintes familiales et professionnelles devenaient des entraves majeurs à un séjour créatif tel qu’on les connaît, dans leur forme longue.

Alors est né la nano-retraite. Une mini pause restaurative, le temps de quelques jours, permettant une réelle connexion avec la nature et un refuge – passage obligé pour tout créateur dans ce monde moderne.

Nicolas Langelier, rédacteur en chef et fondateur de Nouveau Projet a été le premier à se prêter au jeu. Isolé, barricadé derrière les grillages d’un jardin endormi de février, il est venu écrire, réfléchir à son prochain éditorial.  Voyageant entre le réel et le virtuel, entre les grands centres urbains et les régions éloignées. Tiraillé par un désir d’isolement et celui encore plus fort de nourrir une communauté. Nicolas se demande : Quels bénéfices une immersion plus profonde dans nos pensées et nos actions pourrait-elle apporter à notre existence?

« Se réengager dans l’endroit où nous sommes »

Depuis plus de 20 ans, les Jardins de Métis reçoivent bons nombres d’artistes, concepteurs et créateurs du monde entier. En 2021, on se demande « comment nourrir et enrichir notre communauté? » Les nano-retraites sont donc devenus une formule à répéter. Un événement mensuel où l’invité et la communauté régionale se rencontrent pour discuter. Car notre savoir collectif est une richesse qui vaut la peine d’être explorée. On ne peut plus se permettre de rester cantonnés dans nos chambres à échos de médias sociaux. La réalité est, plus que jamais, multi faces et nuancée.

« Rester bien en place, avec une qualité de présence. Ignorer le bruit environnant pour réellement porter attention à ce que les gens et la terre ont à nous dire »

Dans le contexte de la crise actuelle qui nous affecte collectivement, les réflexions de Nicolas prennent tout leur sens. Comment cultiver notre qualité de présence? Comment, ne pas suivre les développements médiatiques de minute en minute? Comment, prendre un pas de recul de Netflix et des médias sociaux qui nous alimentent, nous rassemblent virtuellement, tout en absorbant une importante partie de notre attention, de nos vies?

« Le contraire de la distraction, c’est l’immersion »

Que ce soit le temps d’une nano-retraite, d’une marche dans le parc en solo, d’un cours de yoga virtuel ou de simplement fixer le regard à la fenêtre, café en main…L’attention se retrouve. La connexion à soi revient et l’impact sur notre quotidien ne peut qu’être bénéfique. « Il faut donc plonger, s’immerger pour mieux émerger », propose Nicolas.

« Par leurs assauts toujours plus fréquents contre notre capacité d’attention, les forces de notre époque semblent nous condamner à la distraction et à la superficialité. Les défis colossaux auxquels nous faisons face exigent pourtant que nous arrivions à nous immerger de manière bien plus profonde dans nos pensées, nos relations et nos milieux de vie.

Pendant une période de ma vie, j’ai entretenu le fantasme d’arriver un jour à tracer physiquement ces frontières. Tourner le dos à la civilisation, m’enfoncer dans le bois, couper mes liens avec Hydro-Québec et ce monde fou et désespérant. J’avais lu Walden et m’imaginais qu’il y avait une issue dans une fuite semblable. Mais c’était un rêve juvénile découlant d’une méconnaissance à la fois de mes propres besoins et de ceux du monde. (Ce n’est que plus tard que j’apprendrais qu’à l’étang de Walden, Thoreau ne se trouvait en fait qu’à 20 minutes de marche tranquille de l’animée cité de Concord, où il revenait plusieurs fois par semaine pour voir ses amis, prendre des repas chauds et laisser son linge sale à sa mère.) »

Ce texte a été publié dans Nouveau Projet 17

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Auteur, éditeur et entrepreneur social, Nicolas Langelier est le fondateur et rédacteur en chef de Nouveau Projet, nommé magazine de l’année au Canada en 2015 et 2019. Il est aussi le fondateur et le directeur de la maison d’édition Atelier 10. Son roman Réussir son hypermodernité en 25 étapes faciles a été finaliste au Prix des libraires du Québec en 2011.

À propos de l’auteur

Après avoir passé plus d’une décennie à perfectionner l’art de trouver l’équilibre entre la nature et le monde techno, Amélie cultive à présent l’innovation et plusieurs projets créatifs au sein du Mitis Lab.

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